Un peu d’histoire

L’Union des Théâtres Romands a été créée le 25 mars 1983.

L’UTR, depuis sa création, mène auprès des Autorités politiques, de nombreuses actions sur les questions de subventionnement, de politique culturelle et de politique législative.

L’UTR défend le théâtre en tant que service public et estime, en conséquence, qu’il appartient aux pouvoirs publics de subventionner les théâtres professionnels de création.

Des actions de solidarité ont eu lieu à plusieurs reprises en faveur de théâtres en difficultés. Tous les théâtres qui sont actuellement membres de l’association, bénéficient de subventions de collectivités publiques.

Des actions sont entreprises, conjointement avec l’UTS, afin que les textes législatifs et réglementaires n’entravent pas le fonctionnement des théâtres ou ne portent pas atteinte à leurs intérêts.

LES ORIGINES

On constate dès les années 1960, dans le théâtre romand qui se professionnalise, le besoin de fédérer les énergies et de revendiquer en commun un certain nombre d’améliorations des conditions de travail et de productions. Deux mouvements principaux voient le jour à cette époque :

A Lausanne le Centre Dramatique Romand (1961) dont la direction est confiée à Charles Apothéloz. Apothéloz reprend pour l’occasion le label créé par Paul Pasquier en 1953. […] Charles Apothéloz dirige le département d’art dramatique au Théâtre municipal. Après avoir coordonné les activités du canton de Vaud, Apothéloz veut étendre la coordination à l’ensemble de la Suisse romande, car il reste persuadé que la seule manière d’améliorer les conditions de travail et la qualité des productions consiste à rassembler toutes les forces créatrices. Bien qu’intéressante l’idée […] provoque plus de craintes que d’enthousiasme auprès des autres producteurs car elle remet en cause leurs projets individuels. De plus ce cumul des tâches artistiques et logistiques donnerait à Apothéloz un pouvoir trop important. (Anne-Catherine Sutermeister. Sous les pavés la scène. Éditions d’En Bas et Éditions Theaterkultur. 2000)

À Genève, le Cartel des théâtres dramatiques de Genève (1967), à l’initiative de Jean Vigny. Le Cartel est constitué du Théâtre de la Comédie, du Théâtre de Carouge, du Nouveau Théâtre de Poche et du Théâtre de l’Atelier, lequel sera par la suite absorbé par le Théâtre de Carouge. En mai 1976, le Théâtre Mobile rejoint les rangs du Cartel. Les principaux objectifs poursuivis par le CTD sont l’amélioration des conditions de production des spectacles réalisés à Genève, le développement du réservoir de spectateurs afin qu’il soit plus représentatif de toutes les couches de la population, ainsi que l’amélioration de l’équipement théâtral de l’agglomération genevoise. L’atteinte de ces objectifs se concrétise principalement par une rationalisation des efforts grâce à une étroite coordination sur les plans administratifs et techniques entre théâtres membres, par une activité́ permanente de promotion […] auprès des Autorités municipales et cantonales, et par une activité́ constante d’information du public. (Archives de la Ville de Genève, site internet).

Il faut souligner aussi l’implication importante de la radio et de la télévision suisse romande dans la structuration du théâtre professionnel romand puisque de nombreux comédiens ont vécu, dans ces années-là, de belles heures dans ces deux médias. On relève par ailleurs que la Fondation de prévoyance Artes & Comoedia a été initiée par René Dovaz, fondateur et directeur de Radio Genève alors que l’UTR naîtra à la suite de réunions des milieux des arts de la scène initiées par Maurice Huelin. En effet Maurice Huelin propose un vaste échange de spectacles entre la Suisse romande et la Belgique et sollicite l’appui des théâtres et de divers lieux pour ce faire. De là naît en 1977 le Conseil Suisse Romand du théâtre dramatique présidé par Paul Valloton, qui est également président du Fonds du Théâtre et membre de la direction de la Société Suisse de Radiodiffusion et Télévision (RTSR). Ce Conseil est, entre autre, en 1978, le commanditaire du fameux Rapport Biner sur la situation du théâtre en Suisse romande. C’est à la suite de ces séances que les théâtres de création prennent l’habitude de se rencontrer et d’échanger. Conscients de la nécessité de se regrouper pour se renforcer ils fondent le 25 mars 1983 l’Union des Théâtres Romands. (Entretien avec Lova Golovtchiner)

L’UTR a, à ce jour, connu 5 président-e-s. Georges Wod, directeur du Théâtre de Carouge, de 1983 à 1993, Lova Golovtchiner, fondateur et directeur du Théâtre Boulimie, de 1993 à 2003, Dominique Catton, fondateur et directeur du Théâtre Am Stram Gram, de 2003 à 2007, Françoise Courvoiser, directrice du Poche, de 2007 à 2011 et Sophie Gardaz, directrice du petit théâtre, depuis 2011.

Anne-Marie Balet, juriste, a été secrétaire-générale de 1986 jusqu’à sa retraite en août 2004 et Eric Lavanchy, alors administrateur du Théâtre Populaire Romand, a repris le flambeau depuis septembre 2004.


Partenariats

L’Union des Théâtres Suisses, la grande sœur.

http://www.theaterschweiz.ch

L’UTR se considère un peu comme la petite sœur de l’UTS qui est active essentiellement en Suisse alémanique. Le secrétaire général de l’UTR est membre du bureau et de l’assemblée générale de l’UTS et il y représente les théâtres romands de l’UTR. Les deux associations traitent ensemble – et se considèrent de ce point de vue comme une seule entité – de toutes les questions nationales (Office fédéral de la Culture, Fondation Pro Helvetia, loi sur la culture, loi sur les droits d’auteur, loi sur le travail, loi sur les loteries, TVA, etc.) pouvant les concerner.

L’organisation très sensiblement différentes des théâtres alémaniques (tournés, dans leur mode de production et leurs méthodes de travail, vers l’Allemagne et l’Autriche) et des théâtres romands (tournés eux plutôt vers la France) conduit cependant à des réalités différentes sur les questions artistiques. Réalités parfois confrontées comme cela est le cas lors des Rencontre du Théâtre Suisse qui se déroulent en fin de saison.

Le Syndicat Suisse Romand du Spectacle, le partenaire social

www.ssrs.ch

Le SSRS est le partenaire social avec lequel se négocie la Convention Collective de Travail. Depuis le 15 septembre 1988, date de la signature de la première CCT, les conditions de travail et la couverture en assurances sociales se sont sensiblement améliorées et surtout uniformisées : salaire mensuel minimal, défraiements, temps de travail, réglementation des tournées, couverture LPP ou AMPG, etc.

La Fondation Artes &Comoedia, une réponse spécifique pour le deuxième pilier.

www.artesetcomoedia.ch

La Fondation Artes & Comoedia, créée en 1976 a été remaniée pour répondre aux exigences de la loi sur la prévoyance professionnelle, entrée en vigueur le 1er janvier 1985. Cette fondation gère le deuxième pilier- c’est-à-dire la retraite complémentaire à l’AVS (celle-ci constituant le premier pilier) des professions du spectacle en Suisse romande. Elle est constituée sous la forme d’une fondation de droit privé semi-autonome (avec réassurance partielle).

C’est une fondation paritaire, le Conseil de Fondation étant constitué d’un nombre égal de représentants des employeurs et des employés (trois), et co-présidé par un représentant des bénéficiaires (employés) et un représentant des affiliés (employeurs).

Depuis 2010 ce sont la secrétaire générale du SSRS et le secrétaire général de l’UTR qui co-président la fondation. Avec le directeur de celle-ci ils forment également le Bureau chargé de traiter les affaires courantes. Le Conseil quant à lui se réunit quatre à cinq fois par année.

Compte tenu du caractère intermittent de la plupart des emplois du spectacle, des règles spécifiques ont été élaborées, adaptées aux besoins de ces professions. En effet, l’application des conditions fixées par la loi n’aurait pas permis, sans cela, aux travailleurs du spectacle de bénéficier du deuxième pilier du fait des variations considérables de l’emploi et des salaires.

Le plan mis en œuvre institue une grande solidarité entre les générations puisque le taux de la cotisation ne varie pas avec l’âge. De plus, le salaire est pris en compte dans sa totalité alors que la loi se base sur ce que l’on appelle le salaire coordonné. Le règlement de la fondation donne tous les détails sur les conditions d’adhésion et les prestations.

La Fondation Comoedia, pour une couverture complète d’assurance.

www.comoedia.ch

Dans le cadre de la Convention Collective de Travail l’UTR offre une couverture d’assurance complète à ses employé-e-s sous contrats à durée déterminée. En plus de l’assurance en cas d’accident professionnels (LAA, obligatoire), l’assurance complémentaire en cas d’accident non professionnels (LAAC) tout comme l’assurance d’indemnité journalière en cas de maladie (AMPG) font ainsi partie des prestations conventionnelles.

Dès 2008 ces assurances sont gérées par la Fondation Comoedia, créée par la Fondation Artes et Comoedia pour séparer les activités liées à la LPP des autres activités d’assurances et garantir ainsi une meilleure transparence dans la gestion de ces dossiers.

Les formations, l’avenir de nos métiers.

www.hetsr.ch

La Haute Ecole de Théâtre de Suisse Romande (HETSR) est la seule en Suisse romande. Elle a ouvert ses portes le 23 septembre 2003 à Lausanne; elle remplace la SPAD et l’ESAD. L’UTR est représentée au sein du Conseil de Fondation par deux de ses membres. Les premières admissions ont eu lieu au printemps 2003 sous forme de concours.

La SPAD et l’ESAD ont fermé leurs portes en 2004. D’autres cours sont dispensés dans des conservatoires comme à Fribourg ou dans des écoles privées, dont deux ont été reconnues comme professionnelles à savoir l’Ecole Serge Martin à Genève (http://www.ecart.ch/ecole/idx.html) et l’Ecole du Théâtre des Teintureries à Lausanne (http://www.ecole-theatre-teintureries.com)

Depuis 2011 il existe aussi – au plan national – une formation complète pour les techniciens du spectacle, les techniscènistes, débouchant sur un Certificat fédéral de capacités (CFC) dont la gestion est confiée, pour la Suisse romande, à l’association Artos (http://www.artos-net.ch) et à la HETSR pour les cours. La première volée est sortie au printemps 2015

Avec le Pool et la CORODIS, sur le plan de la diffusion.

www.corodis.ch

L’UTR vise également à promouvoir le théâtre romand et prône dans ce sens une politique d’ouverture, d’échanges et une participation active dans les instances théâtrales et culturelles. Les théâtres romands cherchent à faire circuler leurs spectacles à l’extérieur, soit dans le cadre d’accueils par d’autres structures, soit par des coproductions. Il importe que l’UTR soit présente dans les organismes qui visent à promouvoir les échanges. C’est ainsi que l’UTR a participé activement à la mise sur pied de CORODIS (Commission romande de diffusion des spectacles) et en est membre : elle est représentée au Comité par son secrétaire général, qui en est le trésorier.

Par ailleurs le Pool de théâtres romands (qui regroupe les théâtres d’accueil) et l’Union des Théâtres Romands ont travaillé ensemble pour analyser les obstacles qui pénalisent la diffusion des créations romandes en Romandie et pour tenter d’y remédier.

Les multiples contraintes – économiques, artistiques et techniques entre autres – bien que souvent très différentes d’un théâtre à l’autre, d’un créateur à l’autre, d’un lieu d’accueil à un lieu de production, conduisent pratiquement toutes au même constat: trop peu de spectacles romands ont l’occasion de voyager et de rencontrer un plus large public hors de leur lieu de création.

De plus les reprises de spectacles en vue d’une diffusion sont souvent aléatoires et parfois impossibles faute de financement. L’enjeu de cette concertation entre le Pool et l’UTR a donc été de trouver des solutions qui permettent à quelques spectacles de tourner dans la foulée de leurs premières représentations.

Le Pool de théâtres romands et l’Union des Théâtres Romands se sont ainsi attachés à trouver des adéquations entre les missions et intérêts des théâtres d’accueils et les missions et intérêts des théâtres de productions et se sont fixés quelques objectifs communs dans le but de promouvoir la création romande et de lui procurer du public.

Après avoir étudié de multiples possibilités ils se sont arrêtés à un projet de soutien aux tournées auquel la CORODIS (Commission romande de diffusion des spectacles) s’associe et pour lequel elle cherche des moyens financiers spécifiques.

Ainsi l’UTR, le Pool de théâtres romands et la CORODIS unissent leurs efforts pour :

  • favoriser l’allongement de la durée de vie des spectacles et leur circulation, en particulier dans les différentes régions de la suisse romande;
  • augmenter le nombre de représentations des spectacles dans le prolongement de leur création en encourageant les préachats et coproductions;
  • promouvoir les productions romandes professionnelles de qualité.

Cette collaboration se concrétise par :

  • Une rencontre annuelle dite “Salons d’artistes” qui est l’occasion d’accueillir des metteurs en scène ou chorégraphes venus présenter leurs projets de création devant l’assemblée des membres du Pool et de l’UTR;
  • Une rencontre annuelle intitulée “Partenariat de coproduction“, qui s’est tenue pour la première fois en octobre 2012, entre directeurs de théâtres de l’UTR et du Pool, dans le but d’informer très en amont les partenaires potentiels;
  • l’envoi de producteurs romands dans les réseaux partenaires étrangers, une collaboration particulièrement développée avec la Route des Vingt Rhône-Alpes, la Route des Vingt Île-de-France et le Quint’Est, trois réseaux français;
  • et, dernier né, le site internet  www.plateaux.ch qui regroupe l’essentiel des propositions de tournée et invite les programmateurs à les découvrir.

Les sociétés de gestion de droits d’auteur, trouver de bons accords.

www.suisa.ch et www.ssa.ch

L’UTR a conclu des accords préférentiels pour ses membres avec la Société Suisse des Auteurs (SSA) et la SUISA. En effet, les théâtres en tant qu’utilisateurs de droits doivent s’acquitter de redevances auprès des sociétés de gestion pour les œuvres protégées dont les auteurs et compositeurs leur ont confié la gestion.

Ainsi un traité général de représentation a-t-il été négocié avec la SSA lequel comporte deux éléments :

- le contrat particulier de représentation selon lequel est délivrée l’autorisation de représenter l’œuvre après obtention de l’autorisation écrite de l’auteur ou ses ayants-droit. Cette autorisation est requise pour les œuvres protégées telles que définies par la loi sur le droit d’auteur. Cette protection prend fin 70 ans après le décès de l’auteur (art.29 de la LDA).Passé ce délai l’œuvre tombe dans le domaine public ;

- les conditions, les bases de calcul et le mode de perception des droits d’auteur par la SSA.

En ce qui concerne la SUISA, les modalités de calcul des redevances en application du tarif K (concerts et productions analogues) ont été précisées et formalisées lors d’une séance entre des représentants de cette société et de l’UTR.

Enfin, l’UTR un réseau d’information faisant partie d’autres réseaux.

Comme indiqué l’UTR est partie de l’UTS; elle est également représentée au Comité de la CORODIS aux Conseils des Fondations Artes & Comoedia et Comoedia, par un de ses membres et le secrétaire général.

De plus elle fait également partie du Conseil de fondation de la HETSR et participe aux travaux de PEARLE* (Performing Arts Employers Associations League Europe ou Ligue européenne des associations d’employeurs dans le secteur des arts de la scène). www.pearle.ws

Enfin, le secrétaire-général est également invité permanent aux assemblées générales du Pool de théâtres romands et est, par ailleurs, membre de la Commission générale de la Solution Artos-Ergorama qui s’occupe de sécurité dans les théâtres et membre du Comité de la Rencontre du Théâtre Suisse.